Nido : un cas d'apprentissage international

Nido : un cas d'apprentissage international

Case study publication

| par Nido. le 15 avril 2025

Nous sommes fiers d’annoncer que NIDO est le sujet d’une étude de cas officielle réalisée à l’Université d’Anvers et publiée via l’Ivey Business School. L’étude de cas “NIDO : le laboratoire d’innovation du gouvernement belge” a été publiée le 1er avril 2025 et sera utilisée dans des formations sur l’innovation, la gestion du changement et la gouvernance publique – en Belgique et au-delà.

Cette publication est une belle reconnaissance du travail de NIDO et de toutes les personnes qui ont contribué à notre histoire. Elle montre comment l’innovation publique prend forme concrètement en Belgique – avec tous les défis et les leçons que cela comporte.

L’étude de cas est disponible via Ivey Publishing.


Pourquoi cette étude est importante

– selon le professeur Wim Vanhaverbeke
 

Ce qui rend NIDO si intéressant comme cas d’enseignement, c’est qu’il donne une image réaliste et nuancée de la manière dont l’innovation peut s’enraciner dans un contexte public – donc pas dans une start-up ou une entreprise technologique, mais dans une structure gouvernementale fortement institutionnalisée et souvent lourde comme l’administration fédérale belge.

Selon Vanhaverbeke, l’étude montre que l’innovation n’est pas uniquement un défi technique ou de management, mais aussi un processus social et politique. Les étudiants et les professionnels y découvrent des questions de légitimité, de partenariats, de leadership, et de maintien de la capacité d’action dans un système qui n’est pas spontanément flexible ou orienté vers le risque.

NIDO ne se contente pas de parler d’innovation, il crée aussi de véritables initiatives : le Prix fédéral de l’innovation, la collaboration intergouvernementale, des communautés de pratique. Cela rend ce cas concret et utile dans l’enseignement.

Il y voit aussi un point de départ pour une réflexion plus large sur l’ambidextrie dans le secteur public – la capacité à optimiser les structures existantes tout en créant de l’espace pour le renouveau :

NIDO veut explorer et expérimenter, alors que le système qui l’entoure se concentre surtout sur l’exploitation : contrôle, efficacité, conformité. Cette tension est au cœur de l’étude, et elle est reconnaissable pour de nombreuses institutions publiques. À travers le prisme de l’ambidextrie, nous pouvons réfléchir à la gouvernance nécessaire pour rendre l’innovation structurellement possible.

Nos questions au professeur Wim Vanhaverbeke

Pourquoi NIDO est-il, selon vous, un sujet si intéressant pour une note pédagogique ?

Parce qu’il offre une vue réaliste sur la manière dont l’innovation peut s’enraciner dans le secteur public – et cela dans un contexte fortement institutionnalisé et souvent bureaucratique comme l’administration fédérale belge. Là où de nombreuses études se concentrent sur des start-ups ou des entreprises privées, NIDO montre ce qu’il se passe quand on tente d’apporter du changement dans un système qui n’est pas conçu pour la flexibilité ou les risques.

NIDO opère à l’intersection des services publics, des priorités politiques et des besoins sociétaux. Cela rend l’étude complexe, mais aussi particulièrement précieuse dans une perspective éducative. Elle nous permet d’aborder l’innovation comme plus qu’un simple défi technique ou de gestion – c’est aussi un processus social et politique. L’étude montre comment construire la légitimité et la confiance, mobiliser des partenaires internes et externes, et maintenir des innovations vivantes lorsque le soutien institutionnel est fragile ou flou.

Ce qui la rend encore plus captivante, c’est que NIDO ne fait pas que parler d’innovation, mais développe aussi des outils et initiatives concrets comme le Prix fédéral de l’innovation, des communautés de pratique et des collaborations avec d’autres administrations en Belgique et à l’étranger. Cela donne à l’étude une dimension tangible. Il ne s’agit pas d’idées abstraites, mais de luttes réelles, de petites victoires et d’impact à long terme. Pour les enseignants, cette combinaison de théorie et de pratique, d’ambition et de contraintes, fait de l’étude de cas NIDO un puissant outil pédagogique pour aborder l’innovation publique, le développement d’écosystèmes et la transformation institutionnelle.

L’étude met aussi en lumière les défis profondément enracinés du travail dans un environnement administratif rigide, hiérarchique et avers au risque. Malgré ses réalisations et un soutien externe croissant, NIDO a du mal à obtenir une reconnaissance complète et des investissements structurels de sa propre organisation. Cela illustre des barrières systémiques plus larges : une pensée bureaucratique dépassée, un manque de coopération inter-départements, des indicateurs de performance à court terme et des structures budgétaires cloisonnées. Pour exploiter pleinement le potentiel de NIDO – et de l’innovation dans le secteur public en général – les gouvernements doivent créer des structures de gouvernance plus flexibles, investir dans le renforcement des capacités à long terme et accorder davantage d’autonomie aux équipes d’innovation. Ce n’est qu’à ces conditions que des initiatives comme NIDO pourront évoluer de projets marginaux à des éléments centraux de l’administration publique.

Où, selon vous, cela coince-t-il ? Pourriez-vous mettre en avant une idée-clé ?

Un des problèmes fondamentaux dans l’étude de cas de NIDO réside dans la tension entre sa mission innovante et le contexte institutionnel dans lequel elle évolue. NIDO a été créé pour stimuler l’expérimentation, la collaboration et le changement à long terme au sein du gouvernement fédéral, mais se trouve dans un environnement principalement axé sur l’efficacité à court terme, la conformité et le contrôle opérationnel. Cela crée des frictions : NIDO veut explorer et innover, tandis que le système autour cherche à optimiser les processus existants et à préserver la stabilité.

Ici, le concept d’ambidextrie devient particulièrement pertinent. Il s’agit de la capacité d’une organisation – ou d’une institution publique dans ce cas – à équilibrer deux logiques opposées : l’exploration (essayer de nouvelles choses, innover, prendre des risques) et l’exploitation (produire des résultats, optimiser, garder le contrôle). L’étude de cas NIDO montre combien il est difficile de trouver cet équilibre. NIDO incarne le côté exploratoire, tandis que son organisation mère, le SPF BOSA – comme beaucoup d’autres entités fédérales – est fermement ancrée dans une logique d’exploitation. L’innovation y est souvent perçue comme une activité secondaire, voire comme une distraction du “vrai travail”, ce qui rend la position de NIDO vulnérable et régulièrement remise en question.

Ce niveau d’analyse nous permet de réfléchir à une question plus large : comment les administrations peuvent-elles devenir plus ambidextres ? Quels changements structurels et culturels sont nécessaires pour permettre aux unités d’innovation comme NIDO de fonctionner efficacement ? Il ne s’agit pas seulement d’avoir les bonnes personnes ou idées, mais aussi d’ancrer l’innovation dans un modèle de gouvernance qui permette à la fois la continuité opérationnelle et le renouveau stratégique. Pour que NIDO réussisse à long terme, le système qui l’entoure doit évoluer – avec des mécanismes budgétaires plus souples, un espace d’expérimentation protégé pour les fonctionnaires et un leadership qui valorise autant l’apprentissage à long terme que les performances immédiates.

En ce sens, l’étude ne met pas seulement en évidence les défis de NIDO, mais ouvre aussi la porte à une réflexion profonde sur la transformation des institutions publiques elles-mêmes. L’ambidextrie n’est pas un luxe – c’est une nécessité si les gouvernements veulent rester réactifs et efficaces dans un monde en évolution rapide.

À propos des auteurs

L’étude a été rédigée par le professeur Wim Vanhaverbeke (Université d’Anvers) et Riyaad Ismail, doctorant à l’Université d’Anvers.
Le professeur Vanhaverbeke est un expert international en innovation ouverte et publique, reconnu pour ses travaux sur les écosystèmes d’innovation. Sa recherche universitaire à l’Université d’Anvers a servi de base à cette étude.

Plus sur le travail de Wim : wimvanhaverbeke.be


Que contient l’étude ?

L’étude décrit comment NIDO a été mis en place et développé comme laboratoire d’innovation au sein du gouvernement fédéral belge. Elle se concentre sur des programmes comme le Réseau d’Innovation, le Prix fédéral de l’innovation et l’approche centrée sur les challenges (anciennement Gov Buys Innovation), ainsi que sur les questions stratégiques auxquelles NIDO a été confronté en 2023 :

  • Comment un laboratoire gouvernemental peut-il démontrer sa valeur ajoutée dans un contexte complexe ?
  • Comment ancrer l’innovation dans les structures d’un service public fédéral ?
  • Quel est le rôle du leadership, de la culture et de la collaboration dans un modèle d’innovation durable ?

L’étude est utilisée dans des programmes de bachelier et de master en gestion du changement, gestion de l’innovation et gouvernance publique. Elle invite les étudiants et les professionnels à réfléchir à l’innovation comme un enjeu stratégique, structurel et humain.


A tous ceux qui ont rendu cela possible

Un merci particulier aux auteurs professeur Wim Vanhaverbeke et Riyaad Ismail de l’Université d’Anvers, pour leur approche académique de l’innovation publique. Merci également à toutes les personnes du SPF BOSA et de l’administration fédérale qui ont apporté leur contribution et donné forme à l’histoire de NIDO.


Envie de travailler avec cette étude ?

Que vous soyez chercheur, enseignant ou décideur politique : l’étude est disponible via Ivey Publishing et peut être utilisée dans des formations, ateliers ou comme source d’inspiration pour l’innovation publique.