Choisissez-moi ! (comme président, bien sûr)

Comment faire en sorte que les citoyens disent spontanément oui aux tâches électorales ?

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Choisissez-moi ! (comme président, bien sûr)

  • € 30000
  • Date limite dépassée
  • À la recherche d’idées innovantes pour transformer une obligation perçue comme contraignante en un acte citoyen valorisant.

Réinventer la désignation des bureaux électoraux avec les citoyens

Le SPF Intérieur et Nido lancent un appel à des solutions innovantes pour moderniser et humaniser la désignation des membres des bureaux électoraux - Président et assesseurs.

Le système de désignation des présidents et assesseurs des bureaux électoraux en Belgique est aujourd’hui en crise. Depuis plusieurs scrutins, les communes peinent à mobiliser suffisamment de citoyens pour ces fonctions clés, en raison d’un désintérêt croissant, d’une communication trop impersonnelle et d’un manque de reconnaissance du rôle. Cela affecte directement les citoyens désignés, les administrations communales et le SPF Intérieur, en entraînant un taux élevé de refus, d’absences ou de désistements. Le jour du vote, cela met en péril l’organisation des scrutins, génère du stress et fragilise la confiance dans le processus démocratique. Malgré des efforts (hausse du jeton de présence, rappels légaux, expérimentations locales), l’approche reste majoritairement fondée sur la contrainte.

Le challenge lancé vise donc à imaginer des solutions simples, positives et accessibles pour transformer cette obligation en engagement volontaire, en réconciliant les citoyens avec leur rôle démocratique.

Aider IBZ à moderniser et humaniser la désignation des membres des bureaux électoraux - Président et assesseurs

Quel est le problème et pour qui ?

Le problème est simple à énoncer, mais lourd de conséquences : trop peu de citoyens acceptent de remplir le rôle de président ou d’assesseur dans les bureaux électoraux. Le système actuel, basé sur des convocations obligatoires envoyées par courrier administratif, est perçu comme froid, impersonnel et contraignant. 

Résultat : un taux élevé de refus, de non-réponses et d’absences le jour du scrutin.

Cette situation affecte plusieurs acteurs : 

  • Les citoyens désignés ressentent peu de motivation et de reconnaissance, ce qui les empêche de considérer la tâche comme ayant de la valeur.
  • Les communes, en charge des convocations et de la gestion des absences, subissent une forte pression organisationnelle. 
  • Quant au SPF Intérieur, garant du bon déroulement des scrutins, il se retrouve face à une incertitude croissante sur la capacité à constituer des bureaux complets.
On ne peut pas construire une démocratie solide si ceux qui la font vivre sont absents.

Au-delà des aspects pratiques, ce dysfonctionnement mine la participation citoyenne et fragilise la confiance dans le système démocratique.

Quelle est l'évolution du problème ?

Le phénomène ne cesse de s’aggraver. À chaque élection, le taux de refus, de désistement ou d’absence augmente. Les communes doivent multiplier les mesures d’urgence pour compléter les bureaux de vote. Malgré quelques ajustements, comme la hausse modérée des jetons de présence, des rappels légaux ou de petites expérimentations locales, l’approche reste centrée sur la contrainte, sans créer d’adhésion véritable.

Si rien ne change, cette tendance pourrait déboucher sur une pénurie structurelle de membres de bureaux, forçant le recours massif à des convocations d’office, à des sanctions ou à des solutions improvisées. Une telle évolution alourdirait encore les charges administratives et risquerait d’alimenter la méfiance envers les institutions. À terme, c’est l’organisation fluide et légitime des élections qui pourrait être compromise.

À chaque scrutin, la mobilisation devient un peu plus difficile. 

Quel est l'impact du problème ?

Les conséquences sont multiples. 

  • Sur le plan organisationnel, les absences et refus compliquent fortement la mise en place des bureaux électoraux, provoquant retards et réorganisations de dernière minute, voire l’impossibilité d’ouvrir certains bureaux. 
  • Pour les communes, cela génère une surcharge importante : relances, gestion des désistements, recherche de remplaçants en urgence.
  • Pour les citoyens, la convocation est vécue comme une contrainte, ce qui renforce encore le cercle du désengagement. 
  • Le SPF Intérieur, pour sa part, doit composer avec une incertitude opérationnelle croissante et un recours à des mécanismes coûteux et inefficaces.
  • Enfin, l’impact est aussi démocratique : si la participation logistique au processus électoral devient problématique, c’est la confiance des citoyens dans les institutions, et donc la légitimité même des élections - qui se trouve fragilisée.
Les communes sonnent l’alarme à chaque scrutin.

Comment savons-nous que c’est un problème ?

Les indicateurs sont clairs et récurrents : difficultés croissantes à mobiliser des présidents et assesseurs, taux élevés de refus et d’absences injustifiées, rappels incessants… Les agents communaux doivent parfois convoquer des suppléants à la dernière minute, voire assurer eux-mêmes certaines fonctions pour garantir l’ouverture des bureaux.

Ce constat est partagé unanimement par les communes, relayé par le SPF Intérieur et confirmé par les bilans organisationnels des dernières élections. Les solutions déjà tentées, augmentation des jetons de présence ou rappels légaux, n’ont eu que peu d’effet, ce qui démontre que le problème est structurel. Enfin, le désintérêt politique global, largement documenté, accentue encore cette dynamique.

Qu'attendons-nous de la solution ?

La situation idéale serait celle où chaque citoyen désigné comprend clairement son rôle, se sent valorisé et choisit d’y participer volontairement. La convocation ne serait plus vécue comme une contrainte, mais comme une occasion de contribuer activement à la démocratie.

Dans ce scénario, les bureaux électoraux seraient complets sans recours aux mesures de dernière minute. 

Les échanges entre administrations et citoyens seraient fluides, respectueux et humains. Les communes gagneraient en sérénité et les scrutins pourraient se dérouler dans un climat de confiance.

Concrètement, la solution doit permettre :

  • Une hausse significative du taux de confirmation des citoyens désignés ;
  • Une diminution des absences injustifiées le jour du scrutin ;
  • Une amélioration de l’expérience citoyenne, en rendant le rôle plus clair, valorisé et accessible ;
  • Un allègement de la charge administrative pour les communes ;
  • Et, plus largement, un renforcement de la confiance dans le processus électoral et dans les institutions démocratiques.

En d'autres termes, la solution doit permettre de passer d’un système fondé sur la contrainte à un mode de mobilisation plus positif, moderne et motivant.

Quelles solutions ne sont pas souhaitées ?
Que faut-il prendre en compte, le cas échéant ?

Certaines pistes sont à éviter, car elles risqueraient d’aggraver le problème. Miser uniquement sur la contrainte légale ou les sanctions renforcerait le rejet des citoyens. Complexifier les procédures alourdirait encore la tâche des communes. Enfin, un passage exclusif au numérique créerait une fracture, en excluant ceux qui ne sont pas à l’aise avec le digital.

À l’inverse, toute solution doit respecter quelques principes clés : simplicité, accessibilité, respect du RGPD, et surtout un ton positif et engageant. Les messages doivent être clairs, compréhensibles et inclusifs, en proposant toujours une alternative pour ceux qui ne sont pas connectés.

En résumé, la solution attendue doit être humaine, inclusive et simple : elle doit valoriser la participation citoyenne, alléger la charge des communes et renforcer la confiance dans le processus démocratique.

Propriétaire du défi

Régis Trannoy, responsable service Elections, SPF Intérieur

Déroulement de la procédure

Les intéressés sont invités à soumettre leur solution et un projet pilote au plus tard le 12 novembre 2025 à 12h00 via le formulaire ci-dessous à l’adresse gbi@bosa.fgov.be.

Des cycles éventuels de régularisation et de négociation, y compris la présentation (pitch) de la solution par les soumissionnaires, auront lieu. Ces cycles peuvent se dérouler oralement ou par écrit. Les présentations seront organisées les 25 et 27 novembre 2025 à Bruxelles et/ou en ligne. Toutes les entreprises ayant soumis une offre ne seront pas invitées à participer à un cycle de négociation. Chaque entreprise recevra un retour d’information.

Ensuite, la soumission de l’offre finale (BAFO) sera suivie par l’évaluation des offres finales et la décision motivée d’attribution.

  • Challenge IBZ - Cahier des charges (fr)

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  • Challenge IBZ - Formulaire d'offre (fr)

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  • Challenge IBZ - Instructions relatives à l’offre (fr)

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Avez-vous encore des questions ?

Si vous avez des questions dans le cadre de ce challenge, vous pouvez nous contacter via gbi@bosa.fgov.be