Collaborer, tester, oser : c’est ça, innover.

C’est en collaborant, en testant et en osant ajuster qu’on apprend vraiment à innover

– Abi nous parle de son stage chez Nido

| par Nido. le 12 novembre 2025

Abi Kitukila Batukitukila, aujourd’hui diplômée en Idea & Innovation Management à la Haute École Erasme de Bruxelles, a effectué son stage au printemps 2025 chez Nido, le laboratoire fédéral Belge d’innovation. Nous revenons avec elle sur ce qu’elle a appris de l’innovation dans l’administration publique, de la collaboration entre services et de sa propre évolution en tant que jeune innovatrice.

Abi Kitukila Batukitukila

Pourquoi avoir choisi un stage chez Nido ?

Abi : J’étais curieuse de voir comment l’innovation se traduit dans la pratique, surtout dans un contexte public. Je savais que l’État intervient dans de nombreux domaines, mais j’ignorais ce qui distingue l’administration fédérale des services locaux. Pendant mon stage, j’ai découvert que l’innovation ne concerne pas uniquement les routes ou les écoles, mais surtout la manière dont les services collaborent, améliorent leurs processus et aident mieux les citoyens. Cette complexité m’intriguait.

Je voulais découvrir ce que signifie vraiment innover au sein du secteur public.

Qu’avez-vous appris sur la collaboration au sein de l’administration ?

Abi : Que la flexibilité est essentielle. On travaille avec des partenaires aux opinions variées et les plans évoluent sans cesse. Il faut savoir s’adapter. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi certains processus prennent du temps : non pas par inertie, mais parce que la coordination et la réglementation sont souvent complexes.

Et sur le travail d’équipe chez Nido ?

Abi : J’y ai découvert la force d’une équipe soudée. Malgré les obstacles, chacun continue d’avancer, de se motiver mutuellement. L’humour et la bienveillance entretiennent une atmosphère de travail agréable. C’est crucial pour tenir dans la durée.

Une bonne ambiance d’équipe n’est pas un luxe : c’est ce qui rend l’innovation durable.

Vous avez participé au développement du Frugal Innovation Canvas. De quoi s’agit-il exactement, et qu’en avez-vous retiré ?

Abi : Le Frugal Innovation Canvas est une méthode pratique qui aide les organisations et les services publics à concevoir des solutions ingénieuses et centrées sur l’utilisateur, avec des moyens limités. Elle incite à réfléchir pas à pas à ce dont les usagers ont vraiment besoin, à réutiliser les ressources existantes et à tester rapidement ce qui fonctionne.

Lors du premier atelier, j’ai vu à quel point ce canevas aide à clarifier un problème et à l’aborder étape par étape. Le retour d’expérience y joue un rôle clé. Quand on travaille seul, on reste facilement dans sa bulle ; le feedback ouvre de nouvelles perspectives et améliore nettement le résultat.

En ajustant le canevas et en interrogeant régulièrement les utilisateurs, j’ai compris de mieux en mieux leurs besoins réels.

Pouvez-vous donner un exemple de test ou d’amélioration et ce que cela vous a appris sur la gestion des erreurs ?

Abi : Oui, les portiques d’accès du bâtiment. Les visiteurs recevaient des QR codes, mais certains avaient du mal à entrer. J’avais imaginé trois solutions sans avoir assez parlé avec les utilisateurs. Ce n’est qu’en restant près des portiques, en posant des questions et en testant chaque ajustement que j’ai réalisé qu’une de mes trois propositions ne fonctionnait pas du tout. Ce processus – concevoir, tester, corriger – m’a énormément appris. J’ai compris que l’erreur n’est pas un échec, mais un accélérateur d’apprentissage.

Qu’avez-vous découvert sur vous-même ?

Abi : Au-delà de l’innovation, j’ai beaucoup appris sur moi. J’ai découvert que le contact humain m’apporte de l’énergie, alors que je me voyais plutôt comme introvertie. Lors d’un atelier organisé par Nido, j’ai animé un exercice de réflexion entre plusieurs managers. On m’a dit ensuite que j’écoutais avec attention, que je posais les bonnes questions et que j’apportais du calme au groupe. Ce sont des compétences que je veux développer davantage. En même temps, j’ai aussi pris conscience de mes points à améliorer.

Qu’est-ce qui est important pour vous dans le travail ?

Abi : La communication ouverte et le bien-être mental. Les collègues doivent pouvoir exprimer leur opinion et sentir qu’on en tient compte. Chez Nido, j’ai vraiment eu le sentiment d’être écoutée et c’est extrêmement motivant. C’est quelque chose que je rechercherai toujours dans mes futurs emplois.

Se sentir entendu au travail, c’est ce qui permet de grandir.

À qui recommanderiez-vous un stage chez Nido ?

Abi : À celles et ceux qui ont de la discipline personnelle, qui savent travailler de manière autonome tout en collaborant. On y reçoit de vraies responsabilités, on apprend à gérer son temps, à prendre des initiatives – comme organiser soi-même des moments d’échange – et surtout, on apprend en faisant, avec un encadrement bienveillant. Si on a besoin d’un suivi constant, ce n’est peut-être pas l’endroit idéal. Mais si on est curieux, qu’on veut comprendre toutes les facettes de l’innovation et qu’on aime la diversité des missions, alors Nido est parfait.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux autres étudiants ?

Abi : Osez tester, demandez du feedback et restez flexible. L’innovation, c’est collaborer dans la complexité ; on grandit en écoutant, en ajustant et en prenant des initiatives. Je n’aurais jamais imaginé aimer autant échanger avec les gens. Aujourd’hui, je sais que c’est là ma véritable force. Pour les étudiants qui veulent avoir un impact dans le secteur public, un stage chez Nido offre exactement cela : des responsabilités, des opportunités d’apprentissage et une équipe chaleureuse qui place la barre plus haute.


Abi Kitukila Batukitukila

Abi a choisi délibérément un stage dans l’administration fédérale pour découvrir l’innovation de près. Elle ainsi a compris comment la collaboration, la flexibilité et la communication ouverte rendent l’innovation possible.

En travaillant notamment sur le Frugal Innovation Canvas et en résolvant un problème concret avec les utilisateurs, elle a retenu trois leçons essentielles : rester flexible, tester sur le terrain et demander le feedback – c’est précisément cet état d’esprit qui fait avancer l’innovation publique.